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Garde à vue de Rima Hassan : le CDJM appelle à la prudence dans le traitement des affaires de police et de justice

Garde à vue de Rima Hassan : le CDJM appelle à la prudence dans le traitement des affaires de police et de justice Posted on 10 avril 2026

Paris, 10 avril 2026

Après la publication dans de nombreux médias d’une information, démentie depuis, évoquant la découverte de drogue dans le sac de l’eurodéputée LFI Rima Hassan lors de sa garde à vue le 2 avril 2026, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) appelle les rédactions à davantage de prudence et renouvelle ses recommandations concernant la couverture médiatique des faits divers.

Le traitement médiatique de cet événement incite le CDJM à rappeler les règles éthiques et les bonnes pratiques qui s’imposent aux professionnels concernés et que le Conseil a rassemblées dans une recommandation intitulée « Traitement du fait divers : préconisations », publiée en décembre 2024. 

D’abord, à propos de la vérification des informations, ce document rappelle l’importance de croiser les sources et de s’assurer que les éléments qu’elles transmettent ne viennent pas tous de la même origine :

« Le traitement des faits divers conduit à travailler avec des sources peu nombreuses, parfois indirectes. Il importe de ne pas se contenter d’une source secondaire, ni unique, mais de rechercher la ou les sources primaires. »

Sur ce point, le CDJM incite les journalistes traitant de ces sujets à renforcer leur vigilance. Il rappelle que ce n’est pas parce qu’une source est officielle qu’elle ne doit pas être recoupée, ou que sa version doit être relayée sans prudence :  

« Si le/la journaliste reprend un élément d’enquête ou un témoignage, il ou elle doit s’assurer qu’il est étayé sur des faits. Toute source, même jugée fiable, doit être recoupée, y compris les informations délivrées par les sources institutionnelles ou en position d’autorité, notamment la police et la magistrature. »

Ensuite, le CDJM conseille aux journalistes, lorsqu’ils reprennent une information publiée par une agence de presse ou un autre média, de mener leur propre travail de vérification et d’ajouter les éléments émanant de leurs propres recherches. 

Enfin, dans les affaires de faits divers comme pour tous les autres sujets, les journalistes doivent proposer une offre de réplique à une personne mise en cause ou, quand elle n’est pas joignable, à son avocat. L’offre de réplique participe au sérieux de l’enquête et à la vérification des faits. À ce propos, la recommandation du CDJM prévoit : 

« Cet appel à s’exprimer doit être fait avec loyauté auprès de la personne mise en cause (notamment en termes de délai). Il faut mentionner qu’une offre de réplique a été faite même si elle n’a pas abouti. »

Ces recommandations visent à préserver l’indépendance et la crédibilité du journalisme, valeurs essentielles à une information de qualité et à la confiance du public envers les médias.

Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation reste disponible pour accompagner les rédactions et les journalistes dans la mise en application de ces bonnes pratiques déontologiques.