A la suite du meurtre de la jeune Louise, plusieurs articles de presse ont cité le nom et l’origine supposée d’une personne interrogée par les enquêteurs avant d’être finalement mise hors de cause. Ce choix éditorial est libre, mais le CDJM constate qu’il ignore plusieurs règles déontologiques.
La charte d’éthique professionnelle des journalistes et la Déclaration de Munich rappellent qu’ils « s’obligent à respecter la vie privée des personnes ». La Charte d’éthique mondiale des journalistes les invite à « veiller à ce que la diffusion d’une information ou d’une opinion ne contribue pas à nourrir la haine ou les préjugés » et à faire leur « possible pour éviter de faciliter la propagation de discriminations fondées sur l’origine géographique, raciale, sociale ou ethnique, le genre, les mœurs sexuelles, la langue, le handicap, la religion et les opinions politiques ».
Le CDJM rappelle qu’un individu ne peut se réduire ni à sa nationalité ou à son origine supposée, ni à un aspect de sa personnalité, physique, moral, psychologique, comportemental ou culturel. Réduire un interlocuteur à un seul qualificatif peut biaiser l’information. L’assimilation directe ou indirecte de tout un groupe à une personne impliquée dans un événement revient à favoriser les amalgames ou les préjugés, ce qui contrevient aux règles déontologiques.