Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) publie une recommandation consacrée à la couverture des conflits armés. Élaborée à partir d’une série d’entretiens avec des professionnels de l’information et des experts issus de différents domaines (recherche, droit, défense, action humanitaire), elle propose des repères déontologiques concrets, à la fois aux journalistes présents sur le terrain et aux rédactions qui travaillent à distance, pour informer sur la guerre.
| La recommandation est structurée en cinq parties, qui suivent les différentes étapes et situations auxquelles peuvent être confrontés les journalistes en temps de guerre. La première, Rapporter les faits, porte sur le travail de vérification, sur le terrain comme à distance, et sur l’usage des réseaux sociaux et de l’OSINT. La deuxième, Diffuser et publier, interroge les choix rédactionnels, la nécessaire transparence vis-à-vis du public et la nécessité de mesurer les conséquences d’une publication. La troisième est consacrée aux questions déontologiques liées à la sécurité des équipes. La quatrième, Information, propagande et loyauté, aborde les pressions et les conflits de responsabilités auxquels les journalistes peuvent être confrontés. Enfin, Au-delà du terrain traite des enjeux après le reportage. Une annexe rappelle les fondamentaux des droits et devoirs des journalistes en matière de secret défense et de respect de l’ordre public. « La couverture des conflits a toujours posé des questions déontologiques. Mais les journalistes et les rédactions doivent aujourd’hui composer avec de nouveaux enjeux : vérifier des informations qui circulent instantanément sur les réseaux sociaux, identifier les manipulations et les contenus générés par l’IA, mais aussi protéger les sources, les témoins ou les collaborateurs dont la sécurité peut être directement menacée. Cette recommandation vise à donner des repères concrets pour faire face à ces situations, sans perdre de vue l’essentiel : informer le public avec exactitude, indépendance et responsabilité. » Kathleen Grosset, Présidente du CDJM. Cette recommandation sera présentée lors du 33ᵉ festival du Prix Bayeux des correspondants de guerre, à l’occasion d’une soirée intitulée « Couvrir la guerre, vingt ans après Anna Politkovskaïa », en hommage à la journaliste d’investigation russe assassinée le 7 octobre 2006. Élaborée entre septembre 2025 et mai 2026 par des membres du CDJM au sein d’un groupe de travail dédié, adoptée à l’unanimité par le Conseil d’administration en juillet 2026, il s’agit de la septième recommandation publiée par le CDJM, après les parutions suivantes : |
– « Publicité ou information : comment éviter la confusion ? » (novembre 2025) – « Traitement du fait divers : préconisations » (décembre 2024) – « Journalisme et intelligence artificielle : les bonnes pratiques » (juillet 2023) – « Cadeaux et invitations : les bonnes pratiques » (février 2022) – « Le traitement des questions scientifiques » (décembre 2022) – « Rectification des erreurs : les bonnes pratiques » (mai 2021) |
